Nous sommes arrivés sur la grand Place de Bruxelles vers 9 heures et demie après avoir conduit Roméo à l'aéroport, et nous avons eu la chance de tomber sur un évènement d'importance: le Marathon de Bruxelles! Certes, la veille, nous avions assisté sur cette même place à une agitation et des préparatifs inhabituels: échafaudages, podium, écran géant en cours d'installation... Nous nous demandions de quoi il s'agissait!
Sur l'écran géant, nous avons pu suivre la progression des marathoniens, c'était très impressionnant car 1450 personnes y ont participé au cours de plusieurs épreuves de niveau différent: Marathon, semi- marathon, mini-marathon...
Le kenyan Stephen LORUO a remporté la première place en 2h 11mn 36 s, le second kenayn également Vincent TIPTOO l'a talonné à 4mn en 2h 15mn 18 s. Enfin , un Belge soutenu par un amusant comité de supporters à l'italienne aux couleurs belges un peu bouffon a ravi la 3ème place: Rik CEULEMANS.
Stephen, lui n'en est pas à sa première victoire: il a déjà remporté le Marathon de XIAMEN en CHINE avecmoins d'une minute de différence. Il voudrait se qualifier pour les JO de Pékin.
Une admiratrice belge à qui nous avons montré les photos qu'Hervé a "shooté" comme un pro des athlètes, nous a raconté que l'organisation ING qui patronnait l'épreuve a eu l'idée de faire un chemin de moquette orange cette année, car l'an dernier des coureurs s'étaient égaré dans les vieilles rues environnantes, au grand dam du public qui hurlait la bonne direction à prendre!!!
J'étais à 3m des marathoniens à l'arrivée. Assis et seul, le gagnant semblait méditer sur l'enjeu de cette victoire. personne ne le voyait, tout le monde s'agitait autour, et lui semblait "hors de lui" sans doute à savourer cet instant seul avec lui-même. Il était épuisé visiblement et les dames de la Croix-Rouge s'activaient pour lui offrir de l'eau, de la b
oisson fortifiante Isostar, le masser, le vêtir...
Les concurrents portaient tous un chronomètre qu'ils devaient remettre à l'arrivée un "championchip" qui a l'avantage de calculer le temps passé à courir en temps réel en comptabilisnat les éventuels arrêts. Cela évite les difficultés liées aux départs massifs. L'heure de départ importe peu: les départs peuvent être échelonnés!
Roméo n'a pratiquement pas fermé de l'oeil cette nuit. Ce matin il avait les yeux cernés! Soit-disant, l'oreiller était trop dur ou la couverture grattait... mais je pense qu'il a dû cogiter pas mal avant le grand saut! Il est ravi de partir, mais un an de l'autre côté de l'Atlantique sans voir les amis et la famille, il y a de quoi baliser... Il ne l'a pas montré, nous non plus. A mon avis, ça va être après, le contre-coup!
Après avoir pris un bon petit déjeuner assez distrayant au Campanile de Vilvoorde (nous nous sommes trouvés au milieu d'une invasion de Chinois qui caquetaient à qui mieux mieux, pouffant de rire, et prenant les flaçons de sel pour du sucre), nous partons à l'aéroport de Zaventem. Nous arrivons très vite: dimanche matin c'est plutôt tranquille! Il n'a pas été trop difficile de se garer, les fléchages indiquant le parking courte durée étaient bien indiqués. Nous nous rendons au comptoir d'enregistrement. Heureusement que j'avais tout emporté: il fallait agrafer le "Certificate of Eligibility" délivré par le Vice-Consul des USA à Paris, au Passeport. Pas moins de 5 personnes se sont occupées de nous, pour vérifier les papiers, le contenu des bagages, préciser pourquoi Roméo partait... J'ai même dû montrer les virements pour payer la scolarité de Roméo aux USA... mais tout cela fut fait avec le sourire et très gentiment. Peu de queue, une surprise! Ensuite, je vais changer des euros contre des dollars: le cours est le même que sur la Grand Place de Bruxelles (Western Union). 1 € = 1.17USD. Roméo part avec 300 dollars dans une pochette contenant aussi le passeport, un stylo, les adresses nécessaires, etc.) Il prend un journal pour lire, et ses deux bagages enregistrés qui pèsent 23,7kg partent dans la soute. Il avait droit à 23 kgX2. Roméo nous dit au revoir... Le coeur bat plus fort, certes, mais il faut partir!
Il paraît qu'après la douane, il aura 3 contrôles de suite... Ce sera sans doute vite fait, mais je ne le saurai pas puisque nous ne sommes pas à ses côtés pour le voir.
Ca c'est le dernier bisou, juste avant de lâcher Roméo vers l'inconnu. Dans quelques secondes il va franchir le no-man's land entre nous et l'avion: il y aura encore 3 contrôles pour vérifier qu'il n'emporte pas de substances illicites, des objets tranchants... Le voyage va durer 10 heures de Bruxelles à Atlanta. Ensuite, il aura 5 heures d'escale avant de reprendre l'avion pendant 2h pour Lansing... Il sera 15h 30 heure locale mais pour nous ce sera 3h30 du matin!
Roméo et moi devant les portes d'embarquement. Roméo doit aller à la B 32... Cette photo, Hervé la prise juste avant que Roméo ne franchisse la douane à laquelle nous n'avions pas accès!

